J’ai douté. Douté quand on m’a dit que c’était pour me rassurer que je voulais étendre la résidence des enfants à 15 jours dans la même maison. J’ai douté et remis en cause mon raisonnement. Puisqu’on parle de 14 jours d’incubation, je voulais finir un cycle, pour être sûre qu’aucun de nous n’était atteint, peu ou prou. Nous verrons lundi prochain ce qu’il en sera.
Ce matin, ils étaient tous debout à 9:00, peut-être que la situation offre de petits miracles pour nous aider à supporter. Même si nous n’avons rien de vraiment pénible à supporter. Sommes nous si contradictoires que simplement la phrase « vous n’avez pas le droit de » nous pousse à en avoir envie? La tablette de chocolat n’est plus, de toute façon, elle sera une chimère, un rêve inaccessible, et aura un le goût de la madeleine de Proust quand il y en aura de nouveau.
Les courses au Drive sont faites de ce matin pour le premier créneau libre, vendredi. Je ne sais même plus ce que j’ai mis dans le panier que j’ai passé vendredi dernier pour demain. Sans doute va t-il y avoir redondance. Expliquer aux enfants aussi qu’un chargeur de téléphone ne se trouve pas sous les sabots d’un cheval surtout quand tu t’es repris à deux fois à chaque étape de choix de produits parce que l’application est sans doute saturée.
Nous regardons des films le soir, ensemble ou majoritairement, et ça plaît aux monstres. Nous ne savons pas jouer aux jeux de société, enfin, nous n’aimons pas cela, alors c’est un effort incommensurable quand nous accédons à leur demande. Ce que nous n’avons pas encore fait. Peut-être une cartouche pour la faim quand la situation sera explosive.
Je retrouve ce sentiment d’une vie normale quand je suis plongée dans la vie des autres, ou une fiction. J’en sors, les cinq premières minutes, avec le sentiment que tout va bien. Et puis très vite, je suis rattrapée. La tension existe entre nous, qui ne permet pas la moindre remarque sans qu’elle soit prise pour une agression. La privation de liberté restreindrait-elle notre autonomie de penser?
Il y a des sujets que nous n’aborderons pas. Des prises de conscience qu’on ne veut pas pousser plus loin. Des pensées en suspend, qu’on pose à côté, pour peut-être en parler plus tard, ou pas, le temps fera son oeuvre d’oubli.
Je souhaite souvent continuer de dormir, pour que le temps passe plus vite. Pour ne pas devoir réfléchir à une occupation. Il y a des choses que je dois faire dans l’absolu, qui demandent une certaine sérénité. Ou d’être totalement sourde et aveugle aux besoins des autres. Il paraît que je les anticipe, c’est sans doute vrai pour une part, mais si je ne fais rien, tout s’accumule, et c’est insupportable. Ce que je fais ne se voit pas. Si je ne le fais pas, le résultat me serait invivable. Suis-je faite pour vivre à plusieurs?
J’attends avec impatience la quatrième saison de la Casa de Papel, au moins je sais que nous serons raccords, le temps de la regarder.
Et encore.
L’insatisfaction de chacun, la frustration, se porte le plus souvent et injustement sur les plus proches.
Il y a une sorte de bénéfice/risque à chaque acte que chacun fait. Oser, ou ne pas. Souvent je retiens mon sentiment pour ne pas me mettre en opposition. Je préfère garder pour moi ce que je pense, car je ne me sens pas la force de lutter ou débattre. Cela me paraît vain, puisque faire changer d’avis quelqu’un peut, dans certains cas, passer pour de l’influence et se retourner contre soi.
La réponse « je ne sais pas » ou « fais comme tu veux » est un piège, une bombe à retardement. Choisir pour l’autre n’est jamais le bon choix, un peu comme quand tu cherches tes clés dans ta poche, c’est dans la dernière poche que tu les trouves, et tu te demandes toujours pourquoi tu n’as pas commencé par celle-là. Choisir pour l’autre, même si l’indécise personne le souhaite, entrainera une insatisfaction, des deux parties. Choisir, c’est renoncer.
Aux célibataires qui regrettent leurs solitude, les rassurer et dire que la vie de famille n’est pas une sinécure.
Ce billet n’a ni queue ni tête, ni poésie, ni littérature, rien de bien beau, pourquoi donc le publier? Parce que ça me fait avancer? Parce que ça m’occupe?
Ma raison a besoin de poser des mots de papier sur la toile, même s’ils disparaissent avec l’indécision et le temps qui passe.

Merci
Car tu esquisses des choses, en tout cas sur la vie à deux en ce moment, qui me donnent du coeur à l’ouvrage.
Il faudra que j’écrive que j’en écrive un peu
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La vie à deux, la vie à 6 aussi. À deux, les tensions peuvent s’exprimer sans filtre et se réconcilier. À 6, on modère pour ne pas effrayer ou donner une mauvaise interprétation. À 6 on a moins de temps pour être à deux. Et c’est ne situation où ce qui « m’incombe » en temps normal, est moins supportable…
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