Pelisse

Hier j’ai écrit un truc tellement noir, que je n’ai pas publié. Ça sert à quoi?

Un jour sans, un jour négatif, ne s’imprime pas, ça s’enlève, ça s’efface. Un jour qui cale, un temps mort, un moment à oublier ou à faire son trou comme on se creuse de l’intérieur. Se ronger les sangs, cultiver son ulcère, se faire du mouron, angoisser, et puis finalement éluder, passer au travers, donner un coup de pied au derrière.

Hier j’écrivais tempête, tempête du désert, tempête d’eau de mer, destruction massive, anéantissement.

Ce matin au réveil, je lis naissance, la journée commence bien, et les petits poissons ne seront plus rouges.

Le vent froid du dehors nous secoue toujours autant l’âme et le fil est perdu pour qui le lâche sans faire exprès. Il serait temps de tricoter, comme devant le feu du foyer, tricoter les mots et retisser une toile, comme dans l’ancien temps, une toile en lin, qui tient bien au temps qui passe, qui fait des voiles et vole au vent, qui drape les vies et faire son lit comme on se couche.

Il paraît qu’au printemps la vie ruisselle, elle s’écoule, elle éveille.

Nous avons oublié le sens de la vie, nous sommes retranchés dans nos maisons pour protéger nos voisins, et nous protéger de nous-mêmes.

Les amis appellent qui demandent des nouvelles, les amis appellent qui ferment leur porte et vont se terrer dans un endroit qu’on ne connaît pas. Nous allons hiberner plus longtemps, quitter notre peau, muer peut-être. Devenir papillons.

Ma pelote me réchauffe les doigts, peut-être que je vais pouvoir faire une pelisse au coeur, peut-être, parce qu’en attendant, il cale.

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