Alors j’ai réservé une table pour 6 au restaurant.
Et puis j’ai pris un bain.
Rajouté une bûche dans le poêle.
Mis de la musique. Arthur H. Le fils de. J’ai connu avec « Adieu Tristesse », et puis M, avec les serpents qui sifflent dans le désert. J’aurais pu connaître avant, avec Lhasa, mais Lhasa était unique, je n’ai retenu qu’elle. Il a quand même bon goût le bougre.
C’était après ma période Paris Combo. Et Linda Lemay. Et encore après que j’avais appris par coeur ascenseur pour l’échafaud. Et vu et revu Bird. (Clint, je t’aime ). Mais avant il y a eu Porgy and Bess, you is my Woman now, auquel je ne comprenais que dalle, mais qui me tirait les larmes. Comme cette fois où j’ai vu en concert au Quartz, oui madame, la belle et hypnotique Abbey Lincoln.
Nom d’un chien le frisson qui m’a saisie, arrachée au monde.
Comme quand j’entendais le Requiem de Mozart dans la cathédrale, avec le Tuba Mirum. Ou bien quand Ronan a chanté au mariage de Lydie. Ces moments qui restent.
Je voudrais m’y noyer, les ressentir tous comme un shoot de muscade, une intraveineuse de combawa, un goût de joue de mangue au piment.
Ce soir on mange au restau et après j’écouterai de la musique pour me nourrir.
Déjà, si tu écoutes tous ces albums là, en entier, en sachant les paroles, même en yaourt par coeur, normalement tu es rassasié quelques heures.
Après, tu roules fenêtres ouvertes et tu hurles Polnareff. T’as peur de rien avec moi, même pas de l’éclectisme.
Ce n’est pas Aretha qui dira le contraire.
