On a l’habitude de dire que personne ne peut vraiment comprendre. Et c’est vrai. Sans doute, de façon plus globale, personne ne peut comprendre le métier d’un autre sans l’avoir exercé ou avoir vu un proche, le pratiquer.
J’ai perdu le sens du mot « vacances ».
Ou bien, je le souhaite plus vaste, plus profond, à multiples tiroirs.
Après l’intense période que nous venons de vivre, alors que l’année s’était révélée apathique, morne et flegmatique, il est difficile de recaler son corps et son esprit dans une « normalité », c’est à dire dans un rythme de vie plus calme, régulier, ou du moins, uniquement sensible aux variations météorologiques. Je ne saurais résumer ce que nous avons vécu, cette tornade mensuelle, qui aura fracassé nos plumes de surface, laissant de nombreux sillons sur nos visages, alors qu’au fond de nous, seul l’étonnement dubitatif de la bonne raison de nos choix, aura pu nous déstabiliser.
Ainsi, il faut quitter le domicile où le travail se situe, avec ce paysage qui mange notre temps et tisse notre vie.
Jamais je n’aurais été plus consciente de l’ancrage nécessaire de mes talons dans la vase alors que mon esprit s’évade au gré des mouettes et que mon coeur bat à la fréquence du clapot, celui qui lèche le mur de fondation du sol sur lequel je marche.
Et mon chien dans tout ça ?
Il est resté garder la maison et les « cailloux vivants » (dixit Jack).
La vacance de mes neurones a commencé (ée ? ) quand je me suis rendu compte que j’avais besoin de réfléchir à une adresse que j’ai écrite 100 fois sur les étiquettes. À ne plus savoir dans quel arrondissement de Paris se trouvait le resto que nous aimerions visiter un jour. À devoir noter les tâches que j’avais à faire dans la journée du 3 et du 4, parce que j’oubliais tout. La fugue de mes pensées, sans doute. Je partais, je décollais, je lâchais mes amarres, je devenais scorie, je ne pouvais plus garder façade sociale et aimable. J’étais un monstre d’égoïsme et d’impatience.
Il est étonnant de constater qu’il faut parfois se défaire de tous ses oripeaux pour redevenir soi-même. Les premiers jours d’une année sont en général consacrés aux bilans, et nous n’avons pas manqué de les faire. Une fois ce Cap Horn des chiffres franchi, l’épuisement pouvait nous plonger au creux de la vague. Les projets naissent au coeur de mes nuits, les envies de faire ce qui a été mis de côté pendant ces mois de disette remontent à la surface, j’ai l’impression que d’avoir un agenda tout neuf est bon signe, puisque les pages sont encore vierges et douces, comme la peau d’un roman.
Çe pourrait se résumer à Papier, Bateau, Vélo, Photo. Aucun n’allant sans l’autre.
L’actuelle indécise période nous fait encore reculer, mais pour mieux sauter, et mûrir ce qui sera. Je me donne cette année pour rédiger ce qui doit l’être, quotidiennement, sans doute sur papier, parce qu’au fond, c’est ainsi que j’ai appris à écrire.
Maintenant on en a rien à fiche hein, de ce que je pense ?
Au Pouldu, il neige presque, mais ça n’empêche pas de voir la mer.


Vitamines AZINC
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J’entends surtout de l’épuisement. Normal quand on a tout donné et même un peu au-delà. Faut attendre que se re-remplisse et un beau jour, tu te souviendras de ce que tu sais déjà, au fond : le participe passé d’un verbe conjugué avec l’auxiliaire avoir ne s’accorde pas avec le sujet (qui est-ce qui ?) mais avec le complément d’objet direct (quoi ?). La vacance de mes neurones a commencé quoi ? Rien ? alors « é ». Ah, tu vois que tu le savais ! Hi hi ! Tout va revenir, dans le calme ! (et les vitamines ! ) Des bises !
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