J’apprends mes peurs, j’apprends mes doutes, pas un jour sans déroute. 

Revenir au loin, dans ce qui me portait dans ce lointain, 

Faire fi de tout, se souvenir de tout. 

J’apprends sans me retenir, se lâcher sans hésiter, croire, espérer, deviner, retrouver l’enfant perdue, la peur, la peur encore sans détour. 

Ces émotions cachées, ces sensations oubliées, pour se sauver, se cacher, se perdre pour tout oublier. 

Et un jour. 

Un jour, te trouver, mon amour, lire en toi comme en plein jour, me reconnaître dans tes yeux noirs, me ressentir dans tes bras, me blottir, retrouver mes espoirs. 

Je serai belle pour toi, voir mon reflet dans ton regard, me perdre en toi pour ce chemin commun, cette route tracée dans le noir, la ligne éclairée de ta lueur d’y croire, encore, encore, me rassurer de toi, d’être là, chaque soir, chaque matin, me tenir par la main pour courir encore plus loin, ou marcher sur le sentier ardu, voir la montagne d’en haut du ciel, surplomber les nuages, lire le soleil, sentir le vent sécher mes larmes. 

Je serai là, chaque jour, chaque nuit, pour te blottir entre mes mains, absoudre nos chagrins, dissoudre nos plaintes et vivre pour l’instant qui passe, pour le lendemain qui vient, alors que l’aube éclaire la lune, et que l’étoile vibre sur l’eau fébrile de l’air qui oscille. 

Je mettrai mon manteau de joie, mon pull de pluie, ma robe de larmes et mes chaussures de vie. Je t’emmenerai sur moi, je te vivrai en moi, ta peau contre la mienne, vers cet éclat qui nous chante, ce bonheur qui nous hante. 

Je t’aimerai aussi fort que la foudre qui ouvre la nuit, qui repousse les cauchemars, qui replie les désespoirs. 

Je croirai en toi, comme tu crois en nous, depuis que tu as croisés ma route. 

Nous ne saurons plus, mon amour, qui de la lune ou du soleil avale le jour, puisqu’en nous ils brûlent et se consument. 

Nous avons chaud, solitaires, nous n’avons jamais froid, à l’envers comme à l’endroit. 

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