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Reste dans ton bureau si tu veux. Prends ton téléphone qui fait tout ou presque (il n’embrasse pas, il ne fait pas l’amour, il ne sait pas danser) et pose le doigt sur Mano Solo. « Dehors ». Mettre Dehors dedans, pour voyager, sortir.
Pose tes pieds sur les ramettes de papier que t’as achetées au CAT du coin, non tu te marres, de carrément loin, Briec, va savoir pourquoi, la faute à la voix qui a charmé le patron en son temps, il s’est dit pourquoi pas, je déballe ma vie à cette inconnue du téléphone, je peux bien lui acheter du matériel du bureau, ça me coûte rien, enfin si, au final, ça te coûte un bras et un temps fou au téléphone, parce qu’elle savait te tirer les vers du nez. Tu supportes pas ça toi, l’intérêt manifesté que l’inconnue à la voie chantante te porte, juste par intérêt commercial, parce qu’elle partait avec des centaines d’euros et toi t’avais tes kilos de PQ, juste bons à rester aux vestiaires du chantier, parce qu’au fond, tu aimes t’essayer avec du doux, si, ça a son importance le PQ.
T’as Mano qui chante sur ton appareil à presque tout faire, mais pas les spaghetti ni le moelleux au chocolat. Il a déjà taillé sa route dans des pays l’El mungo! Après il ira chanter les Gitans, La-bas, et toi tu verras la fille en rouge, de loin, et ton coeur battra comme elle.
T’as passé ton temps à faire guide touristique au téléphone ce matin. Quand on t’as demandé si c’était facile à trouver, t’as eu envie de repondre : ça dépend si t’as un gps, une carte, du bon sens ou une femme. Pis t’as dit le vrai, la route de l’huître, ça s’invente pas.
Un jour tu feras gps plus simple, tu diras la route qui longe des champs, quelques maisons, et puis aussi des forêts. Tu sauras le nombre des virages, la longueur des lignes droites, le temps humide, ou bien froid, tu sauras, les yeux fermés comment dire où aller pour retrouver la maison de la colline, ou bien celle de la plage, tu sais pas encore le nom, ça t’emmerde grave de ne pas avoir trouvé, mais tu sais que ça viendra en son temps, quand t’auras cessé de chercher.
Cette maison là, que tu rêves les yeux ouverts d’y passer une nuit, une putain de nuit où tu sais que t’arriveras enfin à dormir, puisque là, il n’y aura ni fardeau, ni boulot.
Mano à la guitare qui gratte, c’est con de dire ça, elle ne gratte pas, elle ondule. Ça y est c’est « Les Gitans » j’arrête deux secondes, le temps de faire les 04’4s de plaisir pur. Je kiffe cette chanson. Grave. Les basses. Les percus. Tu mets à fond, ça s’écoute comme ça, sourde ou pas, à fond. Le truc qui tape dans le thorax, qui vibre du dedans, qui fait pleurer tes larmes à l’envers de ta peau, ça rend tout mou inside, ça fait du papier mâché, ça masse le coeur, ça réchauffe. Soleil de printemps. Avec ta robe qui lui tombe jusqu’au pieds. Ils sont juste beaux d’être. Virevolte.
Y’a des portes qui claquent dehors. Des gens qui ont trouvé la route, ou qui la savaient déjà. Y’en a qui prennent le café avec nous, on met pas d’alcool encore à cette heure, puis je voudrais bien qu’on en mette plus du tout, y’a façon de boire d’autres trucs qui donnent l’ivresse de plaisir. Juste d’être ensemble. Mais c’est pas encore dans la culture ça. Cette garce qui ne jure que par le bon vin, l’épicure qui rend saoul. On ne peut faire la fête qu’à rouler sous la table sinon on est rien que des tristes sires. Ouais mais toi, tu sais un peu ce que c’est que l’alcoolisme, ce mot tabou, qu’on chuchote, qu’on cache, qu’on avoue pas, puisqu’au fond, tant de gens qu’en seraient atteint, sans vouloir le reconnaître.
Alors, tu fermes les yeux, mais tu voudrais bien qu’on arrête de dire, que le plaisir, y’en a que quand tu bois.
Pourquoi tu parles de ça? T’as Mano qui fait le périph.
Le plaisir. Ouais. T’en as encore quand t’entends les gens qui disent du bien de toi, de ce que tu fais et même de ce que t’écris. T’y crois plus quand c’est des inconnus parce que tu soupçonnes toujours les autres de dire pour « faire plaisir » justement. Puis après, tu te demande si ces gens là qui te complimentent ont le bagage pour se permette de dire si c’est bien ou pas. T’as toujours été réticente à croire. Et t’es bien con, il te dit.
T’as du plaisir aussi dans ses bras. Ta maison. C’est là, ton cocon. Tant qu’il sait ouvrir ses bras, ça va.
T’as le plaisir du travail bien fait. Quand il ne faut pas corriger, quand tout arrive à bon port, de bonne heure et.
Quand t’oublies rien, voire même quand t’as assez anticipé pour avoir des plans B et C.
T’as le plaisir d’un soleil tendre, un peu embrumé de sommeil, mais qui sait dire la lumière. Tu te laisses aussi parfois surprendre. Comme quand ton pas, soudain, avance au rythme de la musique qui coule en toi. Tu sais bien, tu marches le long d’un chemin, la tête basse, les écouteurs qui inondent ton cerveau d’une voix grave et d’un rythme lent, et tu te laisse prendre, c’est la percussion qui t’avance, ou bien le violon. Tu rythmes sans compter, tu courrais presque, tu te laisserais t’envoler si tu savais. Et de toi, glisse vers le bas, jusque sous tes pas, toutes les amertumes d’un jour amer.
Et de la flaque ainsi faite, tu te joues, tes mains gantées de bottes, tes pieds caressant l’herbe, tout bas, tu chuchotes un sourire las.

J’aime te lire là dedans, spontanément d’écriture poétique sans calculer qui que ce soit, comme les cailloux envoyés valser avec des chaussures qu’on aime, qui ont beaucoup vu, sur la route.
C’est pas délirium, c’est toi, c’est le ping ping clac la vie en surchauffe dans nos esprits qui rebondit et trouve ses mots et bagarre ses maux
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Oh c’est beau ça. Merci 😊😍
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Cadeau
sincère
pas cadeau de Noël…hé hé
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