C’est à cet endroit même que je me suis fait une réflexion simple, de ces constats que l’on prend sur le coin de l’oeil, comme un bon « sens » mais c’est bien sûr!
Le fauteuil façon Adirondak repeint en fuchsia il y a deux ans, accueille mon séant confortablement. Il cale mon dos de la même façon, entre deux lattes ma colonne. À main droite l’hibiscus qui devrait très bientôt flamboyer. Normalement le 23 il sera mauve en plein.
Face à moi, l’étendue bleue salée, tiède, si tiède qu’on y entre comme le fil dans le beurre et les doigts sur la vase douce.
C’est un moment comme ça, où le silence des humains, où les tracteurs muets, où la pompe tue, que les oiseaux me parlent.
Je n’ai pas la stéréo, muette d’oreille gauche, comme des ronflements sauvée, de la cacophonie exclue, de la provenance des sons ignorante, sauf à me dire si le vent porte, ou ferme la voix de ceux qui chantent.
Alors, stupéfaite, je constatais l’autre jour, que les oiseaux terrestres, oui, il en est qui le sont puisqu’ils vivent, nichent et se nourrissent dans les arbres, dans la terre, bref, les oiseaux terriens, chantent à un endroit donné, pour quelqu’un certainement, mais ils chantent, perchés sur leur plus haute branche, se dressant sur leur ergots de demi-coq, petits mais puissants, un peu comme on se dit d’un nourrisson de quelques petits kilos capable de dépasser le rugissement d’un 747. L’oiseau immobile hurle aux feuilles son impuissance, la limite de son continent.
Alors que, vois-tu, entends-tu, puisque je te le dis, la mouette, le goéland, la sterne, vole en chantant. Criant. Piaillant.
Comme si le battement d’ailes permettait au son d’aller plus loin dans le gosier, à dépasser les cordes vocales, il donne un rythme, un battement d’aile pour un battement de coeur, ou bien la cadence d’une basse, une fausse basse, parce que bien souvent le cri de la mouette est strident, il s’étrangle sans doute dans l’effort, couine, donnant à l’oiseau marin une reconnaissance à nulle autre pareille.
Peut-être le cormoran fait-il exception puisque je le vois souvent, bec ouvert, en même temps que ses ailes sèchent, en plein vent, sans qu’aucun son ne donne signal de sa présence, de la pudeur sans doute, à vouloir rester discret, secret, de son poitrail en plein vent.
En attendant, à vouloir parler plus fort, plus personne ne t’entends.
Alors, sois, et tais-toi.


Faire sa loi en silence. Beau challenge
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Sa loi ou sa révolution !
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