Gingembre et Curcuma

Hier soir, à la lumière de la hotte, au son de la pluie sur les vitres, au chuintement de l’huile d’olive dans la poêle, à la cadence du couteau qui émince l’échalote, je pèle un petit doigt de Curcuma. 

Je mets une majuscule à Curcuma, car il imprègne, il applique sur la peau son encre, son coucher de soleil, sa lueur matinale, son parfum. 

Je cours sur le sable, à la lisière de l’écume de mer, celle qui est salée, qui pique les yeux, l’océan indien, qui borde ma vie, tous les jours, un front de mer qui limite, qui marque une frontière entre gens de la terre et gens de mer. Le Curcuma me filtre, il me couleur, il m’assombrit d’orange, me pigmente, me pique, pour que je sente.

Il se peut que les lunettes de soleil soient nécessaire, pour s’abriter, et ne pas s’aveugler. 

Il pleut toujours. Le ventre de Nout constelle les toits, les rues, les étendues immenses de forêts, d’eau, sans faire de différence, il nous surplombe, indifférent aux chaos du monde. 

À mes narines l’effluve connue du Gingembre, le frais, ferme sous le couteau, humide en surface, légèrement filandreux au coeur, il brûle, il monte au coeur, nettoie, efface l’amertume, fait palpiter le sang à la surface, réveille. 

Il ne me manquera que le Garam Massala pour me sentir bien, enrobée de parfums, dans leurs bulles, rassurée de ressentir encore de l’amour, de la passion, de la tristesse, de l’émotion. 

S’étourdir de saveurs. 

N’oublions pas d’ouvrir nos yeux à ce qui nous entoure, n’oublions pas de regarder ceux qui nous entourent. 

5 commentaires

  1. Ah tu découvre JM ! Génial. Je l’utilise un peu comme l’ail, par ex. , à la poele fondu avec légumes coupés fins ou oignons, ….souvent avec le riz, qui est quotidien ici, mais du thaï. Ou basmati, mon préféré.Si on l’aime vraiment et que tomber sur un petit bout, lamelle fine, dans un plat ravi c’est du tout cuit ! D. n’aime pas alors c’est moins simple pour lui, faut le goût mais pas la chose en bouche, ahha !

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