
Ce gentil mot qui peut ne pas en être un.
Galvaudé, on le dit parfois avec une grimace, ou avec un accent trainant, de celui qui tire un boulet.
-Alors, ta belle-mère? avec un petit sourire.
-Oh ma belle-mère, tu sais, avec un petit soupir.
De celle qu’on en choisit pas est celle-là, la belle-mère. Ni mère, ni belle, ni les deux à la fois, sauf pour faire croire.
J’en ai eu une, et puis une autre. J’en suis une, aussi.
C’est de cette sorte là que je voulais parler.
Belle-mère qui est la nouvelle femme de. Donc qui prend la place de la mère, en quelque sorte. Choisie par le père, subie par les enfants.
En cette place, je t’assure que c’est l’inconfort le plus total. Je ne remplace pas. Je ne suis pas la mère de substitution, et pourtant je peux avoir un rôle éducatif. Est-il le même que pour mes propres enfants? J’essaie de le croire, mais en réalité je me heurte à « tu n’es pas ma mère ».
Alors je parle des règles admises dans le foyer, nouveau certes, mais foyer quand même, une vie en société, la société des miens, les emplois du temps, les rôles de chacun. Les règles servent à mettre de l’huile dans les rouages, quand elles sont admises par la majorité. Mais quand il faut incessamment râler, c’est usant, épuisant, à t’en couper les bras et les jambes, l’abandon me guette parfois.
Et puis il y a la belle-mère d’enfants qui ne vivant plus dans le foyer, mais ont le leur, avec enfants et couple uni. Belle-mère acceptée peut-être et sans doute pas à la majorité. Au moins, elle n’a pas de règle de foyer à appliquer.
Elle se retrouve de fait, belle-mère grand-mère. Lien social, lien à créer de toute pièce, surtout quand la « vraie » grand-mère de sang, n’est plus. Et qu’elles s’aimaient bien. Et qu’elles discutaient de ces liens, de ces enfants qui ne sont pas les siens, mais qui sont un part de l’homme qu’elle aime.
On fini par aimer vraiment les enfants de Lui, parce qu’il parle d’eux petits, qu’il raconte et dit. Comme le faisait la maman à la belle-mère. Les anecdotes reviennent souvent, elles s’embellissent surement, ou au contraire ne donnent pas la pleine mesure de ce qui a été vécu.
Je n’aime pas ce « belle-mère » qui se termine comme « amer ». Amertume d’un couple brisé, amertume d’une histoire qui s’est terminée, une histoire à laquelle tout le monde a cru, l’amer qui reste comme un goût dont on voudrait se débarrasser.
Mais, la belle-mère a parfois droit aux câlins des enfants qui ne sont pas les siens, elle dit parfois le nombre total des enfants du foyer quand on lui demande combien elle en a, parce qu’elle considère un peu comme le sien, celui de Lui, et surtout la belle-mère grand-mère tisse et tricote les liens qui unissent les histoires, les histoires d’avant qu’il ne faut pas ignorer. Les enfants des enfants finissent avec une famille multiple, et grande, forte de fils de laine de toutes les couleurs, un plaid unique, qui réchauffe en plein hiver.
Je ne sais pas quel nom mérite cet état de fait. Je ne sais pas si l’on dit « de l’extérieur », ou bien « élément rapporté ». Parfois « valeur ajoutée ».
Belle-mère toi-même.

J’aurais pu mais j’ai pas voulu. Fallait déjà que le père devienne père, il fallait laisser toute la place, c’était déjà difficile, un petit qu’il ne connaissait pas, une maman tigre et pieuvre; Fallait déjà que cette histoire d’eux deux se restaure et que le fils en soit le lien, la couture. J’ai juste fait à manger une fois par mois et laissé les garçons seuls ensemble le plus possible. Ce petit devait déjà composer avec un autre « papa de coeur » à la maison, tous les jours ce papa là. Pauvres gosses….C’est un sacré job à 300%.
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