boum

Ça mouline. Mon cerveau. L’ébullition. L’écartèlement. Ou bien l’union.  L’entre soi. Cet entre soi qui met en accord le corps et l’esprit. Cette foutue combinaison qui dirige ta vie. 

Tu sais qu’un mal de gorge persistant c’est peut être juste une idée, une sensation, un ressenti qui ne veut pas se dire, sortir, qui lutte pour chercher le bon mot. J’ai failli écrire maux. 

Tu sais qu’un bras bloqué c’est l’idée que tu ne peux plus avancer, que tu es engluée, insecure comme dirait l’anglicisme qui n’a pas vraiment d’équivalent dans notre belle langue. 

J’ai su pourquoi je me sentais insecure. 

C’est la première fois, depuis que j’ai quitté le giron familial, que je dépends absolument de quelqu’un pour mon toit et mon revenu. Ce ne serait pas si grave s’il n’y avait pas eu mes enfants. 

Quand on est parent, on cherche la sécurité surtout pour ses enfants. 

Alors, j’ai tout fait pour retrouver mon indépendance. Parfois à mon corps défendant. 

Mais j’avance et je vois la lumière au bout. 

Ces dernières années m’ont montré mes capacités. Au moins celle de l’adaptation, tant que faire se peut. 

J’ai appris autant sur moi que sur les autres. Je suis entrée dans un monde qui n’est pas le mien. Ce n’est pas encore tout à fait le mien, mais je le comprends mieux, je l’accepte, jusqu’à un certain point. 

Ce soir, j’ai buté. 

Je n’ai pas pu. 

C’est là que je sais que j’ai avancé. Je suis partie parce que j’étais en danger. En danger de rejet. 

A quoi bon tout faire pour être acceptée? Il ne sert à rien de se battre contre un mur si ce n’est se faire des bleus. 

J’ai eu un bleu à l’âme, un gros, pour lequel j’ai versé des larmes. Pour une réflexion lancée comme ça, par un proche, un membre de la famille à laquelle j’accède chaque jour un peu plus, cette famille avec qui je vais signer un contrat les jours prochains. 

Mais jamais je n’en ferai totalement partie, parce que je suis trop différente. Je suis porteuse de mon nom et de mon identité, je me fais un prénom aussi, mais je vais m’ajouter encore un autre nom, bientôt. Un nom que je choisis de porter, peut être pour me donner une légitimité. 

Je doute que cet ajout change quoi que ce soit au regard qu’à sur moi ce proche qui n’en est vraiment pas un. 

J’ai pourtant fait des efforts. 

Mais rien, ça ne sert à rien de faire semblant, de se taire quand on a envie d’hurler, la fermer, cette gueule que j’ai envie d’ouvrir pour tout remettre en place à ma façon, parce que parfois t’as envie de mettre les yeux de l’autre en face de ses incohérences, ou tout simplement de son ignorance. 

C’est là que le bat blesse. L’ignorance. Ce racisme de l’autre envers ce que tu penses, ce que tu dis. 

Par peur. 

Oui, dans ce monde que je fréquente, il y a des brutes, des racistes, des crétins, des ivrognes, des cons. 

Mais il y a aussi, parce qu’en l’homme je crois et qu’il y a toujours du bon en chacun, des gens qui sont capable de changer d’avis quand tu leur explique, des brutes au coeur tendre, des gens simples qui travaillent plus que jamais je ne le ferais, des courageux, comme on dit, des humbles qui ne disent rien mais n’en pensent pas moins. Dans ce monde que je fréquente, il y a du pire et du meilleur, là même où je m’y attends le moins. 

Ce proche qui n’en fini pas de m’assener ses vérités au point de me rejeter totalement, je décide d’en faire abstraction, enfin, pour ma sauvegarde. 

A force de vivre, j’en ai avalé des couleuvres. 

Elles m’ont fait mal au ventre. 

Je n’aime pas les serpents. 

Je m’en détourne. 

Alors voilà mon nouveau postulat : plus rien à foutre de ceux qui me veulent du mal, ou pas le moindre bien, qui me méprisent parce que je ne pense pas comme eux. 

Exit, les faux semblants, l’hypocrisie, les non-dits, la vérité ne fera jamais aussi mal. 

C’est une déclaration de guerre me dit Il. Non, c’est pire. 

C’est de l’indifférence. De la non existence. Le Rien, quoi. 

Je n’attends plus rien de personne. 

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