Les murs de la liberté 

Il y aura finalement un peu de pierres. Elles sont sur l’un des murs qui clos le jardin. Le jardinet. Juste de quoi mettre un arbre et plein d’espoir. Hier soir, j’ai découvert qu’il y en avait aussi sous mes pieds. Un petit morceau d’allée. Un pavement large et brillant de la pluie. 

C’est plus qu’une petite maison. C’est un truc à nous, à moi, de moi, né de mon choix, un coup de coeur pour quatre murs de béton dans un petit bourg calme en hiver, animé en été. 

J’ai senti un truc. Un je ne sais quoi. C’était déjà sur les photos. Me demande pas, je ne sais pas, j’ai beau chercher, comment pourquoi, je n’y arrive pas. C’est comme si j’avais eu le bec ouvert et que ça me soit tombé dessus. 

Pourtant, la mer n’est pas sous mes yeux. Pourtant, il y a des voisins. Pourtant, c’est même presque dans une ville, dans le sens où c’est plus grand qu’un hameau. Il y a une place, des endroits où stationner même s’ils sont rares, des rues en sens unique où l’on ne va pas vite. Des ronds points un peu plus loin. Un côté urbain quoi. Le truc à fuir, vite et bien. 

Aucune Forêt ne cerne mon domaine. Un mouchoir de poche de 300 mètres carrés, la maison dessus. 

Mais voilà. 

Quand tu sors dans la rue le soir, la nuit tombée, tu entends les rouleaux. La mer qui claque contre les rochers. Tu la devines et tu la sens. En plein jour, tu sais que tu y es en 5 minutes, montre en main et hauts talons aux pieds. Autant dire 3, un jour normal. Tu sais que c’est à la deuxième à gauche. 

Un escalier qui descend. 

Tu descends d’un étage pour arriver au rez-de-mer. Dingue. 

Tu sais aussi que Gauguin. 

Il y est venu, il y a peint. Un an durant. C’est qu’il doit y avoir quelque chose dans ce coin là.  

La dame a un chien qui ne dit pas bonjour quand tu lui tend la main, mais qui t’aboie dessus. 

La dame a rénové et construit, elle a imaginé et rêvé. Et puis son mari s’en est allé, elle ne peut plus rester. 

Tu vois bien, dans la maison le goût. Les meubles jolis, anciens et contemporains, sobres ou colorés façon Indus, comme hindus et industriel. C’est beau. 

Et puis ce grand poêle au milieu. La première fois il était éteint, puisque le plein sud du soleil à flot, rendait l’air si doux. Hier soir, il flambait, on a du tomber le manteau. Il disait en apparté l’agent, que la dame était un peu sauvage, rude, faut croire que quelque chose est passé. 

Je lui avais juste dit comme sa maison était jolie. Je n’avais rien touché de moi même, rien ouvert, j’étais chez elle, et c’est terrible de visiter un lieu habité. Elle s’en est souvenue, elle me l’a rappelé. Comme si elle me remerciait. A la fois du respect, et d’avoir apprécié. 

Il y a du béton et du carrelage, un gazon et un étage. 

Il y a la mer à pieds avec le sentier côtier. En entier, il fait 1800 km. 

Il y a une sorte de paix. 

Le chien s’est couché à mes pieds, après m’avoir léché la main. 

Les murs sont blancs. Elle me dit soudain qu’elle n’aime pas le blanc en fait. Mais. 

Je vois. 

Je vois mon chez moi. 

Cet endroit qu’on ouvrira à tous les étrangers qui voudront en profiter l’été. On leur donnera une part de nous. Il nous permettront de la chérir. 

Je suis sur le chemin de l’océan, la tête dans le vent, le soleil à mon côté, clément. 

Libre. 

3 commentaires

  1. Bravo, comme je suis contente !
    Je t’envie aussi mais déjà savoir que vous avez ce lieu me rend heureuse.
    Youpi
    Et pas de travaux importants à faire si c’est si bien pensé et décoré, le poêle, etc,
    Ta garçonnière, je t’y vois écrire.

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  2. Ah c’est pour elle le nom qui court… peut être faut-il que tu y vives un peu pour qu’elle te dise comment elle s’appelle. La mienne officiellement s’appelle Fustier mais ce n’est pas son nom à elle, je ne ‘lai pas encore découvert 🙂 Bon apprivoisement et très chouette projet. Bravo.

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