C’est une maison vue mer. Bien placée, au lever de tous les soleils, presque rien ne fait obstacle au beau, si ce n’est le bâtiment qui lui fait face. 

La maison aurait pu s’orienter pleine mer, mais pour une raison que j’ignore et que mon coeur ne comprend pas, elle se place pleine face du bâtiment blanc, où chaque jour s’activent des gens. 

Histoire de ne pas oublier qu’ici, madame, on travaille. 

C’est une maison vue mer, un jardin jamais travaillé ou si peu, le manque de temps madame, puisqu ici, d’abord, on travaille, une maison où l’on a tenté de mettre des couleurs pour la faire vivre. 

 Alors elle vit. 

Dans cette maison il y a un bureau. Le bureau du bâtiment blanc qui empêche la pleine vue mer, et dans ce bureau, il y a un ordinateur. 

Le bureau est dans la maison. 

Parce qu’ici, madame, dans la maison on travaille. 

C’est une maison avec le soleil qui entre à flots quand il fait beau, une maison avec plein de portes aussi pour que les gens entrent de n’importe quel côté. Ou pour qu’ils se perdent, je ne sais. C’est une maison envahie, qui n’a jamais pu appartenir qu’à une autre personne qu’au Maitre travail : on y boit le café aux pauses, on y sert un verre quand on transporte, quand on dépose, quand on vient chercher le produit du travail. 

C’est une maison où trois familles ont vécu. 

Elle est sise sur le jardin d’enfance de la grand mère. Alors au fond, elle n’a jamais appartenu au propriétaire. Qui n’y a vécu que pour y travailler. Parce qu’ici madame…

Dans cette maison j’essaie de me poser, sans jamais y arriver. Jamais. Ni le jour ni la nuit. Ni même l’été. 

Cette maison m’assassine à petit feu. 

3 commentaires

  1. Cette maison de portes ouvertes porte, porte, porte, porte fait porter et on n’y échappe pas.
    Le manque de séparation entre travail et intimité entre famille et intimité cuit à petit feu
    Cela fait de bon mets et des mais. Une maison marmite qui attise tout le temps.
    Comme si sans le feu tous les jours sur le feuil ne restait que des cendres mortes.
    Tu sais pourquoi il t’en fallait une autre.

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