Pourquoi lui?
Il est de petits miracles, indépendants de notre volonté qui se font d’un geste simple, auquel on participe d’un geste encore plus simple, le vote.
Depuis toujours, je vote. Pourquoi? Parce que c’est un droit. Et avoir le droit, c’est génial. T’as pas le droit de voler de la confiture, t’as pas le droit de voler tout court, t’as pas le droit au chocolat, mais t’as le droit de voter.
Tu peux te dire qu’avoir le droit c’est nul. Genre, faire ce qui est interdit c’est mieux.
C’est vrai, l’interdit a un goût incomparable, si tu ne te fais pas prendre.
Ça te fait battre le coeur, ça te donne des vapeurs, ça te fait trembler, bref, ça te donne tous les symptômes du désir amoureux qui peut te couper le souffle et les jambes. C’est top.
Voter c’est ça aussi: Glisser dans l’enveloppe le choix d’un candidat, qui n’est pas forcément celui des gens qui t’entourent (ouh! c’est pas bien!), faire montre d’indépendance puisqu’à toi seul(e) appartient ce geste, ce choix, en ton âme et conscience.
Que tu votes pour ou que tu votes contre, c’est une voix qui compte, c’est la tienne, c’est un peu la goutte d’eau qui va faire déborder le vase.
Au premier tour, la veille, je n’étais sûre de rien. A une heure, mouais, je savais vers qui je tendais.
Mes neurones savaient. Mes deux cerveaux, savaient. Ma main savait. Mon coeur savait.
Mais ma conscience ne savait pas.
J’ai eu l’impression d’être menée par une sorte d’incertitude certaine.
Je ne suis pas politisée.
Je n’ai pas appris les programmes.
Je suis juste allée en cours d’histoire un peu plus longtemps que la moyenne, et je pense que ces cours là, ont ancré en moi quelque chose d’assez fort, ce qu’on pourrait appeler des valeurs.
Les valeurs de mes parents peut-être, mais j’aurais pu aller contre, les valeurs humaines, sans aucun doute.
Un jour, il y a eu Charlie, et ce jour de désillusion totalement noir, j’ai perdu tout espoir. Les mois qui ont suivis n’ont pas donné plus de lumière.
Les valeurs de la gauche ne valaient plus grand chose puisqu’elles n’y pouvaient rien.
Et pourtant il fallait voter. Il fallait voter au moins contre. Ne pas laisser passer le pire. Essayer.
Sans doute qu’à mon insu, j’ai capté des choses à droite et à gauche, des idées qui ont fait tilt, sans que je sache trop pourquoi.
Puis, un jour, j’ai cru à nouveau.
Comme si on pouvait croire en la politique.
C’était pas ça.
Un homme jusque là discret mais dont je connaissais bien le nom, venait serein, dans la lumière des projecteurs. Jamais un mot plus haut que l’autre, mais toujours des mots écho.
Je me suis revue dans les années 90 sur les bancs de la fac, à discuter avec mon voisin de derrière en cours de paléo. J’adorais la paléo. Mais il était bavard, et me faisait marrer. Guénéguan, il s’appelait. Il est député depuis. Bref, je me suis encartée, moi, celle qui ne croit en rien, aux MJS. C’est bien la première fois que je faisais ça, pour un mec sympa, je pourrais dire. Il y avait une passion et une vitalité dans son discours qui me plaisait. Une intelligence de la vie publique que je n’avais pas, tout encore à mon nombril.
Et puis c’était Brest.
Je vivais dans cette ville encore grise et pleine de pluie, à user mes doc Marten’s sur le pont du Bouguen entre Kerinou et la Fac de lettres avant qu’elle se déplace et que j’aille à St Martin et autres endroit de la capitale du bout du monde. Et dans cette ville, il y avait tous les possibles. Je pouvais tout, je n’en faisais rien, mais je pouvais tout, et je le savais. Une liberté d’idée, de pensée, d’action, la vie étudiante dans toute sa splendeur.
Et M. Hamon m’a fait revivre ça.
Ce que mes antennes ont capté, c’est ce petit bout d’espoir, cet écho dans ce qu’il y a de plus profond en moi, sans même que je m’en rende compte.
Et pouvoir participer à cet événement démocratique, c’est jouissif.
Parce que de l’autre côté de la ville du bout du monde, il y a Trump, et contre ça, il faut se lever. Ce type est un poison dangereux, capable du pire. Et la Marine, c’est pareil. Un poison insidieux qui pollue notre environnement. Alors ouais, je vote, contre et pour, parce que comme disais Martin, j’ai un rêve, il est revenu.

Il faut beaucoup de rêves.
Moi aussi j’ai entendu quelqu’un qui me parlait et me disait ce que j’avais envie d’entendre maintenant.
Et sans agression, pacifiquement, avec beaucoup d’humain. Et pour ces raisons là il va s’en prendre plein la poire mais il le sait.
Dans les premières réactions des socialistes on sent toute la part revancharde, toute la magouille interne, les gens qui se détestent et s’en veulent, dans un système de fer. » Mets toi à genoux dis le que tu regrettes d’avoir quitté le gouvernement, d’avoir piétiné ta famille ». ( conneries).
Il faut absolument voir la série Baron noir. Elle est surement en streaming, j’ai le nom d’un bon site, simple d’accès, belle image plein écran. Pour comprendre et connaître la vie interne du Parti. Dingue. Inimaginable.
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