Cinq

IMG_2880A une certaine heure de la nuit, la chambre d’hôtel peut finir par ressembler à un studio d’étudiant; la bouilloire expectore ses bulles d’eau, sur la table de chevet il y a un verre, une bouteille d’eau, la tasse en attente d’eau chaude, et le téléphone.

Sur la couette, l’ordinateur scintille, prêt à servir, silencieux et discret, il ne frémit même pas.

Un peu plus loin, sur la tablette qui enjambe le lit, plusieurs tas de livres, un bloc notes, un crayon, au cas où. Une carte de la région aussi.

Les habits s’entassent sur le dossier de la chaise, et sur le tabouret matelassé de rouge.

Le rideau couvre le pan de mur, il cache la double fenêtre qui, au matin, verra le soleil se lever sur une baie bleue et blanche, juste après la pointe d’un clocher, ici le relief du plat pays est fait de clochers hauts et pointus. C’est le pays où la mer apparaît au détour d’un virage, à la fin d’une route, derrière une colline de sable, on appelle ça une dune.

Nous marchons sur le sable mouillé, dur, nos pieds nus contre les coquillages à demi enfouis, parfois ils nous blessent, parfois il n’y en a plus. Alors, le sable prend la forme des vagues, en gros plan ça pourrait ressembler aux dunes de Mauritanie. Mais je n’y suis jamais allée, peut être que ça ressemblerait plus aux dunes du Sahara. Celles qui s’avancent vers la mer.

Partout des rochers, des millions d’années de rochers, assez érodés pour être ronds, il arrive même qu’ils soient suspendus en plein ciel, si, je t’assure, ils tiennent je ne sais comment, la force des vagues et celle du courant, la pomme de Newton, la gravité généreuse du ciel bleu, l’attraction de la terre nourricière, enfin bref, le rocher suspendu tient, comme un point sur le i du clocher un peu plus loin.

La mer s’est retirée si loin que nous marchons longtemps. L’eau, est verte ou bien bleue, grise au passage d’un nuage furtif poussé par le vent, blanche quand le sable clair remonte en douceur à la surface de l’eau cristalline. Et froide.

Nos pieds font floc floc, ils sont saisis, ils caressent les quelques algues vertes, des entéromorphes, de celles qui font les produits de beauté, à la maison aussi j’utilise un produit de beauté de la mer, surtout l’été, entre les doigts de pieds, la vase, en masque.

J’essaie de photographier ces échevelées, mais mon objectif n’est pas fait pour ça, il n’approfondit pas le paysage, il s’arrête à la surface des visages, il fait surgir un regard, et cache le fond des choses, ou bien des apparences.

Quand nous rentrons à l’hôtel, nous sommes surpris du silence et de l’air qui s’éteint. Nous avons changé de chambre en milieu de semaine par étouffement d’air, malgré la vue qui s’ouvre sur l’horizon. Nous ne pouvons pas laisser la fenêtre ouverte la nuit car le passage des voitures au petit matin se fait continu, on dirait la ville, et nous fuyons les villes.

Il y a un restaurant et une piscine. Grand restaurant, petite piscine. Elle est là pour adoucir notre conscience peut-être, pour nous faire croire que les six brasses ou les quatre crawls de sa longueur feront passer l’entrée plat dessert qu’il nous arrive de prendre. C’est un leurre, mais c’est un bien être de pouvoir s’alléger dans l’eau face aux baies immenses.

Vraiment cet endroit est superbe.

J’en avais un dessert, ces dunes de Keremma, un dessert aux pommes, rapidement fait, de ceux qui sauvent un goûter quand des amis débarquent à l’improviste, ou quand un petit creux saisi la maisonnée, ça y est je me souviens, en réalité c’était un cinqquatretroisdeuxun, faut que je me souvienne mieux, un oeuf, deux d’huile, trois de lait quatre de sucre et cinq de farine? je ne suis pas sûre je ne sais plus, mais c’est quelque chose comme ça. Avec des pommes en tranches fines, hop au four, dix ou quinze minutes? et puis tu rajoutes un peu de sucre par dessus et tu passes au gril 5 minutes. Tu vois? J’ai retrouvé ma recette là, clic, ça y est, tu peux essayer en confiance.

Cinq jours de vacances à deux sur 365 jours d’une année. Ça n’a pas de prix.

 

 

 

 

2 commentaires

  1. Pom pom pom
    Tiens je me suis demandé si vous aviez des producteurs locaux, j’adore les pommes, je pourrais en ramener un cageot ? Tu me diras.

    Bon comme le K. Ouf vous ne vous lassez pas d’avoir les pieds salés. Vous savez apprécier et prendre le large du quotidien. Félicitations. C’est précieux. Est-ce que, comme dans tous les couples ou presque, c’est toi qui programme, propose, réserve, etc ? Je ferai bien une étude socio anthropo sociale sur ce phénomène.

    Bises J moins 8

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