Elle te parle en avançant le menton, en sortant la tête du coup comme une tortue, et en souriant de toutes ses dents comme elle te mordrait. Elle prononce de façon hachée et dit des choses comme « ce que j’ai besoin » ou « malgré que » ou « elle est chiante celle-là ». Tu es en face d’elle et tu as deux possibilités : faire le toutou dominé, ventre en l’air ou bien devenir chienne comme elle et mordre aussi fort.
Des années j’ai fait le toutou pour préserver, maintenant je n’en peux plus. Cette façon de parler, de me parler, m’atteint et me blesse. Je deviens chienne, je sors mes crocs et je jappe du tac au tac.
Le problème est que ce langage chien est contagieux. Ceux que j’aime sont contaminés parfois et ils leur arrive de me parler de cette façon, en présence de cette personne agressive de malheur. Oui, il paraît que les gens sont ce que leur enfance a été, et quelqu’un de méchant l’est parce que son enfance était malheureuse. Alors elle est très malheureuse.
Il arrive que j’exprime une opinion ou un soutien. Il arrive en réponse, un argument contre. Toujours contre. Ainsi, j’ai tort. J’ai tort pour tout. Pour gérer le temps, pour gérer l’argent, pour gérer ma vie. Et mes opinions ne doivent regarder que moi, puisqu’elles sont fausses.
Il arrive que j’aie envie d’une île déserte, où je ne serais responsable de rien ni de personne.
Il arrive que je devienne furibarde quand soudain, l’accumulation de ces petites choses commence à me peser sur le haricot. Si l’on me parle comme à un chien, en me soutenant que j’ai tort, et que de toute façon je ne sais pas raisonner droit, je me ferme, et enfin je me tais, comme si j’étais cette île déserte, sans qu’aucun caillou ne heurte le regard de quiconque voudrait savoir qui je suis.
Je ne suis rien. Transparente. Et cela fera ton bonheur.

Bon ben à éviter le plus possible. Et rien ne peut se négocier, se dire autrement,non, fuir. S’organiser sans. Ne pas rendre cette personne indispensable plus qu’elle ne le pense…
Travailler en famille, vivre en famille, le bourbier.
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Heureusement qu’on ne vit pas avec cette personne.
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